L’HOMME QUI FAIT VIBRER LA MUSIQUE BURKINABÈ EN FRANCE

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MARÉ MAMADOU

Electromécanicien de formation, il est aujourd’hui entrepreneur culturel. C’est dans cette dynamique
qu’il a conçu depuis 2008 Sons et images du Burkina afin de promouvoir la musique burkinabè dans
l’Hexagone. Maré Mamadou, puisque c’est de lui qu’il s’agit, se positionne donc comme ambassadeur
de la culture du Burkina Faso en France. Cet entretien permet donc de découvrir le parcours
de ce Burkinabè né en Côte d’Ivoire, se trouvant aujourd’hui en France où il est employé de la brigade
verte de la mairie de Paris.  »

LE GRAND FASO : Burkinabè né en Côte d’Ivoire et aujourd’hui vivant en France.
Comment êtes-vous arrivés dans ce pays et pourquoi vous y êtes-vous installé ?
MARE Mamadou : Je suis arrivé en France par hasard, il faut le dire. J’y avais des
amis. Et je n’avais jamais rêvé d’y être. Par un coup de chance je me suis retrouvé en
Belgique où j’ai retrouvé des amis que je connaissais en France pour entamer une
aventure qui dure depuis 1995. Parlez-nous de votre vie en France. Vous
êtes électromécanicien, quels métiers avez-vous exercé sur place ?
En arrivant en France, j’ai commencé par la distribution des prospectus. Ensuite je
suis devenu chef d’équipe au sein de cette entreprise où j’étais à la fois chauffeur
et livreur. Par la suite, j’ai fait d’autres métiers tels que livreur, gardien… tout ce
qui permettait en vrai de gagner sa vie honnêtement. Et 20 ans après, le parcours
s’est accentué et aujourd’hui j’appartiens à la brigade verte de la mairie de Paris.
Parlons de la radio. Comment êtes-vous entré dans l’entreprenariat culturel ?
C’est un très grand de la radio, à savoir Robert Brazza que je côtoyais nuit et
jour, qui m’a initié et m’a fait aimer la radio. C’est de lui qu’est né mon amour
pour la radio, mais aussi cette envie de faire connaître mon pays musicalement.
A propos de radio toujours, on vous a écouté et vu sur des plateaux comme Africa N°1
avec des sommités de la musique. Comment est-ce arrivé ?
Comme je le dis c’est la passion et l’amour de mon pays conjugués aux différents
échanges que j’ai eus avec eux qui m’ont amené à parler de l’endroit d’où je viens.
Je ne pouvais que parler du Burkina Faso, de ce qu’il a de bien culturellement et
musicalement. Auprès des icônes de la musique avec qui j’ai animé des émissions
comme Manu Dibango, c’est avec fierté que j’ai pu parler de mon pays.
Sons et images du Faso est votre oeuvre et est à sa 3e édition. Quelle est son histoire ?
C’est en côtoyant Robert Brazza et les radios que je me suis rendu compte qu’il y
avait un manque de support de la musique du Burkina Faso sur la place de Paris. L’idée
m’est venue de faire des compilations et comme je ne pouvais pas parler d’un ou de
deux artistes, j’ai opté pour une compilation de sons, 11 artistes pour le 1er volume. Par la suite,
l’idée a été trouvée de joindre le son à l’image sur le même support, un CD et un DVD. C’est
ainsi qu’il a été dénommé « Sons et images du Burkina ». Le 1er est sorti en 2008, le
second en 2011 et la 3e édition est sortie fin 2017, donc cela fait 10 ans que l’aventure
dure. Trois éditions et un bilan forcément. Qu’en est-il ?
Le bilan est positif, j’ai pu rencontrer des gens et aller à des endroits que je n’aurais
pas soupçonnés. J’ai également profité des relations humaines. Pour couronner le
tout, mon pays l’a reconnu en me décorant chevalier de l’ordre du mérite et cela n’a
pas de prix, j’en suis très fier. Fierté qui n’empêche pas de revenir sur le
manque de sponsor que vous avez évoqué tantôt. Le plus difficile dans ce travail de
valorisation de la musique du terroir c’est quoi ? C’est porter haut le flambeau de la
culture du pays. Il est vrai que c’est le gouvernement qui en a la première
responsabilité, mais cela n’empêche pas que d’aucuns s’investissent dans la
valorisation de la culture du pays. C’est par pur patriotisme que je fais ce travail
dont je suis fier. Une fierté à même de cacher certaines frustrations ou échecs
quand on tient de tels projets ! Oui comme tout projet, il y a des avancées
mais aussi des déceptions. Cependant, chacun doit se donner une certaine force
pour faire avancer les choses.