« J’AI FAIT PRATIQUEMENT 3 ANS COMME STAGIAIRE A LA TELE  » P.Y THIOMBIANO

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UNE FIGURE DE PROUE DE LA PRESSE AUDIOVISUELLE BURKINABÈ. PASCAL YEMBOINI THIOMBIANO A
MARQUÉ LES TÉLÉSPECTATEURS NOTAMMENT À TRAVERS SON ÉMISSION ACTU HEBDO. L’HOMME
AURA GRAVI LES ÉCHELONS AU SEIN DE LA TÉLÉVISION NATIONALE. DE STAGIAIRE, IL FUT JOURNALISTE
REPORTER, RÉDACTEUR EN CHEF PUIS DIRECTEUR DE LA CHAINE. AUJOURD’HUI, IL EST LE DIRECTEUR
GÉNÉRAL DE LA RADIODIFFUSION-TÉLÉVISION DU BURKINA (RTB). CELUI QUE L’ON SURNOMMAIT
L’HOMME SANS VISAGE AU DÉBUT DE SA CARRIÈRE A ACCEPTÉ NOUS ENTRETENIR SUR SON PARCOURS
SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE, SON MÉTIER DE JOURNALISTE, SON ENFANCE ET SES FUTURS DÉFIS.

« IL EST CLAIR QUE NOTRE PRESSE NATIONALE EST DE QUALITÉ »

Le Grand Faso : Pascal Yemboini THIOMBIANO, parlez-nous de votre enfance, que retenir?
Pascal Yemboini THIOMBIANO : Mon enfance, c’est vaste. J’ai fait des classes à
Ouagadougou dans la zone des écoles à Paspanga parce que nous habitions
dans la zone résidentielle là où se trouve l’actuel Conseil de l’Entente. C’est donc
là où j’ai vécu avec mon père, ma mère, mes frères et soeurs. Mes neuf frères et
soeurs. J’ai fait mes premières classes de l’école primaire à Paspanga, ensuite j’ai fait
l’école de la Volta qui est devenue Le plateau entre temps à Zogona puis je
suis allé au collège de Toussiana où j’ai été formé par les frères des écoles chrétiennes
de la 6e à la 3e. Je suis venu au Lycée Bogodogo en 2de, une autre
partie de mon cursus au Lycée Zinda où j’ai eu le BAC.
Etiez-vous cet enfant calme ou celui derrière qui courraient les parents ?
J’étais tellement turbulent que j’évitais d’ailleurs d’être proche de mes parents.
A la différence de bon nombre d’enfants qui étaient inquiets dès que les parents
s’éloignaient, j’avoue que moi c’était un peu le contraire. Je vous raconte une
anecdote, quand je suis arrivé au collège de Toussiana en 6e, 80% des enfants
pleuraient du fait de la séparation. Mais moi, mon père m’a amené à Toussiana
à la rentrée, avec le chauffeur, il fallait se dire au-revoir mais je vous assure
que j’étais content. Je suis l’un des rares enfants qui ne pleuraient pas ce
jour-là. Je me suis dit mais, ici c’est la liberté, on peut monter sur les arbres,
mangers des mangues, aller à la rivière, faire un peu ce qui était plus ou moins
interdit. Quels étaient vos rêves d’enfants ? Je rêvais d’un métier qui me donnerait
de la liberté, qui me permettrait par exemple de voyager, d’aller voir ailleurs,
d’être en contact avec du beau monde… je crois que c’est peut-être cela
qui a fait que je me suis retrouvé dans le journalisme. Quel est le souvenir d’enfance que vous
n’arrivez pas à oublier ? Ce que je retiens de mes souvenirs d’enfance
c’était le monde. Vous savez, mon père était un administrateur civil. Il aimait
bien accueillir du beau monde. On avait toujours à la maison des cousins,
des tantes, des cousines. On n’a jamais été une simple famille de frères et soeurs.
Donc chez nous c’était du beau monde et pendant de nombreuses années.
Plus jeune, avez-vous fait un choix difficile qui a déterminé votre carrière?
Non, pas vraiment. Je sais que j’ai été un peu hésitant à un certain moment
quand il s’est agi de choisir la filière qu’il fallait faire au niveau de l’université. Je
suis allé en psychologie, j’ai fait deux années et puis après j’ai été convaincu
que ma passion pour les médias, l’audiovisuel prenait le dessus.
Qu’est-ce que vous regretteriez aujourd’hui d’avoir fait ou de n’avoir pas pu faire ?
J’aime bien les travaux manuels. J’aime bien tout ce qui est agriculture, élevage
mais j’avoue que quand j’étais plus jeune notamment au Collège de
Toussiana avec les frères des écoles chrétiennes, ça ne me réussissait pas
beaucoup. Pourtant c’était bien quelque chose que j’aimais et j’ai toujours cette
passion. Quelles étaient vos valeurs cardinales à cette époque?
C’était la liberté. Mais la discipline et le respect de certaines valeurs comme
l’honnêteté, la loyauté envers les amis, Et puis éviter un certain nombre de
vices. Je parlais des parents et tout, j’aimais être turbulent mais j’avais des
limites, il y avait une ligne rouge à ne pas franchir. Quand vos parents vous
disent il ne faut pas toucher à l’argent d’autrui, il faut respecter, quand vos parents
vous disent la cigarette ce n’est pas bon, la drogue ce n’est pas bon, il
faut respecter. Aviez-vous déjà un modèle qui vous inspirait
à la télévision à l’époque? Je sais que le doyen Mamoudou Ouédraogo
il faisait des journaux