CIRCULATION ROUTIERE : OUSMANE SAWADOGO, UN MODELE D’ENGAGEMENT CITOYEN

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Il a du mérite. On pourrait tout reprocher à Ousmane Sawadogo sauf son manque d’amour pour son pays. Plus connu sur le Boulevard des Tansoba (route du SIAO), il s’est investi volontairement et cela depuis des années, pour la régulation de la circulation dans plusieurs carrefours de la ville de Ouagadougou. À travers son Association Faso one village (AFOV), il mobilise autour de lui, plusieurs  jeunes bénévoles pour fluidifier le trafic. LeGrandFaso l’a rencontré le vendredi 16 Août 2019 sur son carrefour préféré (KatreYaar), non loin du siège de son association, sur l’Avenue des « Tansoabas ».

 

LeGandFaso: Présentez-vous à nos lecteurs 

Ousmane Sawadogo: « Je suis Ousmane Sawadogo président fondateur de l’association « Faso one village » ».

LGF: La création de votre association est-elle antérieure à ton engagement citoyen ? 

O.S: « Oui l’idée est venue de moi  en tant que citoyen Burkinabè. Petit ou grand, chaque individu doit apporter sa  pierre pour la construction et le bien être de son pays. C’est pour cette raison que je me suis porté volontaire afin de réguler la circulation ».

LGF: Quelle est votre formation de base et  quel métier exercez-vous avant de vous lancer dans cette activité ?

O.S: « J’étais chauffeur après obtention de mon permis de conduire en 2009. Je faisais les grandes lignes Ouaga-Bobo-Banfora et même Ouaga-Lomé. Avant d’être taximan. Lors de mes voyages, j’ai observé une grande discipline des usagers dans la circulation. J’ai voulu ça aussi dans mon pays et c’est pourquoi je me suis lancé.  Je n’ai pas bénéficié de formation particulière pour ce que je fais. Je me suis auto formé en m’inspirant des gestes des policiers qui eux aussi travaillent à ce que les uns et les autres puissent circuler aisément sans trop de difficultés ».

LGF: Combien de jeunes ont-ils adhéré à cette cause et qui ont rejoint l’association ?  

O.S: Au sein de mon association les jeunes qui ont adhéré sont au nombre de soixante-quinze, filles comme garçons. Dans le bureau exécutif nous sommes au nombre de quatorze. J’ai personnellement formé ses jeunes.

LGF: On sait que c’est un engagement bénévole, vous n’avez pas de salaire pour ça. Comment arriver-vous à faire fonctionner l’association ? 

O.S: (Rire).Vouloir c’est pouvoir. A  l’impossible nul n’est tenu. Tout est possible dans la vie pour celui qui veut.On a pensé qu’il serait mieux que l’aide vienne des usagers eux-mêmes. J’ai donc écris sur nos plaques la phrase suivante : « Association Faso one village, votre contribution pour nous membres volontaire de la sécurité ». Pour nous, toute contribution est la bienvenue et nous remercions de bon cœur tous les donateurs. A travers ces dons,  je parviens à donner 1000 francs CFA/jour à tous mes volontaires. En plus, j’assure leur déjeuner à midi.  Lorsqu’on gagne un peu plus après les comptes, nous le mettons dans la caisse de l’association.

LGF: Évoquez les difficultés que vous rencontrez au quotidien avec les usagers ?

La grosse difficulté avec ces usagers de la route c’est surtout l’incompréhension. Ces derniers ne comprennent pas forcement nos instructions ou du moins ne veulent pas comprendre. Dans les normes, la communication entre ces usagers et agents régulateurs de la circulation devrait être facile, malheureusement ce n’est pas le cas. Plusieurs fois j’ai été l’objet d’injures.

LGF: Quel est votre plus bon et votre mauvais souvenir dans votre sacerdoce ?  

O.S: Mon pire souvenir c’est de ne pas avoir pu sauver une dame. Elle s’est fait écraser par un gros camion. Mon plus beau souvenir reste mon geste salvateur vis-à-vis d’un vieillard qui a failli de peu se faire écraser sur la circulaire.

                                                                                                                                                          Interview réalisée par Valentin Kaboré